En bleu, ce que j'observe,
En jaune, ce qui me semble important.
Existe-il des solutions pour extraire l’enfant de l’emprise d’un parent et permettre que les mesures de droit de visite et d’hébergement soient respectées ?
« Le souci avancé de la protection de l’enfant apparaît illusoire lorsqu’on observe comment certains parents peuvent être destructeurs, dans les relations familiales, au nom de cette même protection » . « il faut tout à la fois forcer le parent « résistant » à respecter la place de l’autre, dénoncer les prises de pouvoir exclusives, les manoeuvres et tentatives d’éradication de l’autre .» N’est-ce pas une imposture que se prétendre « bon parent » quand l’essentiel de sa parentalité tient dans la disqualification de l’autre?
Nous savons que le facteur « temps » est un élément primordial. En effet, plus la situation aura été rapidement analysée et comprise par les intervenants compétents (magistrats français ou étrangers, travailleurs sociaux, psychologues), plus large sera le panel des moyens à utiliser pour soustraire l’enfant aux exigences du parent qui l’utilise contre l’autre.
« Ce qui est certain, c'est que, une fois qu'on est entré dans un processus de déparentalisation, c'est un tel rouleau compresseur, qui est tellement fort que tout le monde dit : "on est impuissant, on n'y arrive pas...".
Permettre aux parents "victimes" de maintenir quelque chose, ne serait-ce qu'à titre symbolique, c'est la première chose. Je sais que c'est très difficile. Le parent peut penser : "oui, il est bien gentil le gars mais il ne vit pas ce que je vis. Moi, dépenser toute cette énergie alors que je sais qu'il ne se passera pas grand-chose dans les faits... ça ne me tente pas vraiment". ...
Il faut avoir une grande force de conviction pour que les gens maintiennent le désir de rester parent alors qu'on le leur a totalement dénié .
Doit-on révéler à un enfant la manipulation dont il fait l’objet ?
Gérard POUSSIN explique le danger et l’inutilité de telles paroles : « nous, on l'a repérée, cette manipulation, mais l'enfant, lui, ne l'a pas repérée. Et non seulement il ne l'a pas repérée, mais il est dans une situation où elle est totalement non discible.
Et ça, c'est quelque chose qui est tout à fait insupportable pour un psy, parce que le credo du psy c'est toujours la transparence : il faut dire les choses, il faut dire la vérité aux enfants,...
Eh bien, justement, dans ces situations là, ce n'est pas vrai ! Si vous dites, à cet enfant, ce que vous percevez, même en des termes peut-être un peu plus raffinés que ce que je vais dire là : "tu es manipulé par ton père (par ta mère)", vous êtes certain d'obtenir un effet nul, voire plus que nul c'est-à-dire nocif.
Donc, il faut éviter de se mettre à lutter avec le parent en se mettant dans la position de dénoncer la manipulation, ce qui est non seulement inefficace mais nocif .»
Comment envisager l’aide à apporter à cet enfant dans les situations figées de longue date ? « Le travail qui est à faire, nous dit Gérard POUSSIN, c'est plus un travail sur le temps. Pour travailler sur le temps, il faut arriver à désillusionner le parent que j'ai appelé "victime", le parent qui se trouve déparentalisé. Il faut le désillusionner de son désir de résoudre la question par des alliés qui dénonceraient la manipulation ... Il va vous y pousser parce que c'est un désir que l'on peut comprendre.
Ce qu'il vit est affreux, il se dit : "c'est terrible, il faut alerter les foules, ce qui se passe c'est horrible, etc." et justement, c'est ce qu'il ne faut pas faire.
Au contraire, il faut lui dire : "plus vous allez en faire et plus vous allez essayer de dénoncer ça, et moins ce sera compris, notamment par l'enfant. En revanche, restez présent". C'est rester présent qui est important .»
La principale difficulté est alors de motiver le parent repoussé à ne pas lâcher prise. Il a en conséquence besoin de tout le soutien de la justice et des travailleurs sociaux lorsqu’ils ont été désignés et qu’ils sont compétents.
3. Le conflit de loyauté
Les conflits de loyauté naissent lorsque deux loyautés viennent à s’opposer, à se contredire, plongeant le sujet qui en est le siège dans un dilemme : être obligé de trahir la loyauté envers une personne pour être fidèle à l’autre et vice-versa. Situation où l’on se retrouve de toute façon perdant. Ce processus enferme donc l’enfant dans un lien de dépendance et de fidélité à un parent au dépend du lien à l’autre. Jean-Louis le RUN note que « l’enfant n’est pas toujours passif et victime, mais qu’il joue, souvent à son insu, porté par les émotions oedipienne, sa partie dans le conflit » et qu’ « en écartelant l’enfant entre deux exigences, les conflits de loyauté l’exposent au choix impossible et à la problématique de la trahison avec son lot de culpabilité ».
a. Sur quel critère repose la loyauté de l’enfant vis-à-vis de l’un plutôt que de l’autre ?
Nous avons vu que l’enfant ne choisit pas la solution du parti pris, elle s’impose à lui. Gérard POUSSIN indique que le choix ne se fait pas forcément tout de suite après la rupture parentale. Quel est donc le critère le plus fréquemment observé dans les cas où l’abandon réel de l’enfant par un parent n’est pas en cause ? La faiblesse. Gérard POUSSIN explique que « la nature humaine est ainsi faite que l’enfant cherche toujours à protéger le parent qui lui semble le plus faible ou le plus victime. Certains parents ont d’ailleurs l’art de la victimisation ».
L’enfant est particulièrement réceptif aux demandes d’un parent dont la personnalité repose sur le narcissisme. « La personnalité particulière du parent narcissique est également productrice d'une capacité spécifique à la séduction manipulatrice. La force de conviction de ce parent est, en effet, proportionnelle à l'importance de ses besoins vis-à-vis de l'enfant. Si le parent narcissique séduit si facilement l'enfant, c'est que celui-ci est littéralement "vital" pour le psychisme de ce parent.
D'ailleurs, quand nous discutons avec eux, ces parents nous disent que leur enfant est "tout" pour eux. Ils semblent penser naïvement que c'est une preuve d'amour de l'enfant. C'est une preuve d'amour d'eux-mêmes à travers l'enfant. Il ne s'agit pas, en effet, d'un narcissisme primaire, en boucle sur lui-même, mais d'un narcissisme que je qualifierai de relationnel par étayage. Je veux dire par là que l'autre est une sorte d'étai de soi, de miroir gratifiant et indispensable au maintien d'un idéal du moi resté fragile. Ces parents soulignent d'ailleurs assez souvent à quel point cet enfant leur ressemble. Il ne peut donc que remplacer fort avantageusement le partenaire perdu. En outre, la préférence de l'enfant leur permet de prendre leur revanche sur ce partenaire décevant qui a trahit leur amour, ou ce qu'ils croyaient être de l'amour ».
Quelles sont alors les solutions qui s’offrent à l’enfant sinon trahir l’un ou l’autre, se couper en deux ? Dans tous les cas, c’est l’enfant qui en paiera avant tout le prix ...
b. Quelles sont les conséquences pour l’enfant littéralement englué dans ce type de chaînes ?
Jean-Louis le RUN nous met sur la voie : « Les conséquences pour l’enfant dépendront bien évidemment de l’intensité, de la fréquence, de la répétition, de la massivité des conflits et de l’importance à ses yeux de maintenir le caractère externe du conflit, à ne pas en faire un conflit interne ou intériorisé, de sa capacité à se le représenter et se le formuler clairement ; donc de son âge, de sa maturité, de la solidité de son développement, facteurs qui ne sont pas liés au conflit. Chez le très jeune enfant, c’est l’accès à l’autre qui sera empêché car il n’est guère en mesure de prendre de la distance et de porter un regard critique, de se dégager, de maintenir le conflit à l’extérieur et de faire la part des choses ».
Tous les spécialistes de la santé mentale s’accordent à dire que la culpabilité de l’enfant est la première des conséquences de cet emprisonnement. La seconde est l’interdiction
que l’enfant s’impose de parler des sujets qui l’amènerait à évoquer le parent « interdit », et même d’y penser ou de le désirer pour éviter d’être confronté à un conflit avec l’autre parent. Comment risquer en effet de se sentir abandonné et de perdre l’amour du parent qui n’est pas prêt à entendre le besoin de l’enfant de son autre parent ?
"C'est toi qui choisis" (d'obéir ou d'être puni) : dans cette nouvelle proposition, en fait l'enfant n'a pas le choix ou n'a le choix qu'entre deux propositions dont aucune ne le satisfait vraiment. Dans la mesure où il n'y a pas de choix sans vraie liberté, la proposition est donc un leurre et à nouveau l'enfant perçoit la proposition implicite, les sous-entendus, sans être capable d'en dénoncer l'ambiguïté".
L’enfant va donc mettre ses sentiments, si dangereux pour lui, à distance. Il va mettre en place un certain nombre de défenses pour rendre les exigences du parent qui les formule (implicitement ou explicitement) supportables et réalisables, mais aussi pour renforcer leur lien :
• l’inhibition ; elle portera sur le domaine des acquisitions scolaires ou les acquisitions sociales. Elle pourra s’accompagner d’un repli sur soi, voire de mutisme extra-familial. A contrario, un surinvestissement scolaire ou de la vie sociale peut apparaître chez l’enfant avec ou sans phénomène de « collage « à l’adulte (pour colmater le vide laissé par l’absence d’un parent aimé) ;
• la régression ; elle peut s’exprimer à travers des symptômes comme l’énurésie, le refus de grandir, etc. C’est une des possibilités que l’enfant trouve pour échapper au conflit dans le but de forcer les parents à se rassembler autour de lui ;
• le déni ; l’enfant va refuser de considérer son besoin de maintenir la relation au parent devenu la cible de l’autre ;
• l’agitation,
• les conduites d’échec,
• les comportements auto-punitifs, liés à la culpabilité ;
• le clivage ; lorsque le lien à l’autre parent n’est pas totalement rompu (droit de visite accordé par la justice du pays refuge, par exemple) – il servira à l’enfant à littéralement se couper en deux pour satisfaire chacun des parents de façon alternée ;
A terme, l’enfant va être amené à rejeter le parent devenu la cible de l’autre. En ce qui concerne le rejet d’un parent par l’enfant, deux stades sont à distinguer.
Dans un premier temps, le rejet est un rejet de « façade .»Il s’agit pour l’enfant de faire croire au parent « qui pose l’interdit de l’autre » qu’il adhère à son discours, par peur essentiellement de perdre son amour et par souci de se maintenir en « sécurité .»En réalité, il parvient à garder son ambivalence pour le parent devenu la cible de l’autre, c’est à dire à ressentir un mélange d’amour et de haine pour celui-ci.
Dans un second temps, le rejet sera réel.
c. Quel va être le comportement de l’enfant, sommé de choisir son camp et de se conformer à ce qui est attendu de lui par un parent « instructeur » ?
On assistera à des scènes spectaculaires, souvent proche de la crise d’hystérie, d’opposition de l’enfant à aller en visite chez l’autre parent. L’enfant refusera, par exemple, de descendre de voiture et se mettra à hurler comme si sa vie en dépendait si on tente de le raisonner. Il n’est pas rare dans ce cas que l’attitude de l’enfant soit prise pour argent comptant par les témoins de la scène qui y trouvent une justification des accusations portées par un parent contre l’autre.
L’enfant peut aussi accepter avec froideur de rencontrer l’autre parent mais se comportera de façon agressive, hostile et provocante à la fois. On comprend bien que l’enfant craint de ne plus être capable de mettre ses sentiments à distance en retrouvant le parent qui lui manque et donc de ne plus autant le détester, ce qui conduirait en fait l’enfant soit à se voir « démasqué », soit à se conduire de façon inacceptable par le parent « instructeur » et donc livré à sa désapprobation, voire à sa vindicte ou à son rejet.
« L’attitude explicite – refus de voir un parent – ne signifie ni adhésion réelle au discours « sur le mauvais parent », ni refus authentique de voir ce parent dont l’enfant est séparé » nous dit Jean-Luc VIAUX.
L’enfant va peu à peu s’enfermer dans le déni de ce que peut lui apporter le parent qu’il tente de faire sortir de sa vie, c’est-à-dire s’enfermer dans le refus de reconnaître ce qui lui rappellerait sa vulnérabilité de manière dangereuse pour lui.
Il est fréquent qu’à ce stade, le parent « bénéficiaire » de la position de l’enfant le soutienne et se réfugie derrière l’échec de « ses tentatives » qu’il présente comme la décision de l’enfant qui ne veut plus « entendre parler » du parent dont il est privé de fait. Ce parent se place alors en défenseur de cette « décision de l’enfant » au motif que l’enfant a des droits qui doivent être respectés et qu’ils ne peuvent quand même pas le forcer à faire ce qu’il ne veut pas.
Dans l’étape suivante, les choses sont plus compliquées car l’enfant a fait du conflit parental le sien, il l’a intériorisé. Cet enfant a perdu son ambivalence pour le parent qu’il rejète qui est alors ressenti comme néfaste, sans aucune qualité, voire dangereux tandis que l’autre est idéalisé donc revêtu de toutes les qualités. Dans ce cas, l’enfant affirme que personne ne l’a influencé et qu’il a décidé seul du rejet du parent mis en cause. Il étend ce rejet à la famille et aux amis du parent désavoué sans culpabilité apparente et avec violence. Il se sent tout-puissant.
Benoît VAN DIEREN explique : « Nous pensons, en général, que la conviction résulte de la force de l'argumentation. Ce n'est pas le cas ici. Pour convaincre l'enfant, le parent narcissique n'opère pas dans l'univers de la pensée logique ni dans celui du langage qui est d'ailleurs intimement lié à cette forme de pensée.
Le parent narcissique n'aime pas le langage. Il manifeste le plus souvent du mépris pour tout ce qui est échange, discussion, négociation. Il traduit cela de façon péjorative : c'est une perte de temps, du "bla-bla", du "laïus". Il veut des faits. Il attend des actes pour preuve de sincérité, d'amour véritable.
Ce fonctionnement a d'autant plus de force et d'efficacité qu'il rejoint un phénomène bien décrit par Festinger dans le domaine de la psychologie cognitive. L'enfant est donc amené à "faire un geste", c'est le cas de le dire, qui l'engage au côté du parent narcissique. Ce geste a très peu d'importance sur le plan pratique, mais il a une importance considérable sur le plan symbolique. Il provoque, chez l'enfant, ce que Festinger appelle une "dissonance cognitive", c'est-à-dire une prise de conscience de l'inadéquation entre la pensée et l'action.
Or, si nous pouvons aisément changer notre façon de voir quelque chose, nous pouvons difficilement supprimer une action que nous avons faite. Comme dit l'adage : "ce qui est fait est fait". En conséquence, la force d'une action, même minime, est toujours supérieure à celle d'une pensée ou d'un sentiment.
L'enfant qui aura accepté simplement de ne pas saluer le parent « des visites » à son arrivée, ou d'emporter un objet personnel à l'insu du parent « du quotidien », se sera engagé pour l'autre parent dans chacun des cas considérés.
Dans le premier cas, il aura manifesté une espèce de solidarité, dans le second une forme de complicité.
Il sera facile ensuite d'accroître la force de cet engagement par des gestes de plus en plus significatifs : "Puisque tu as fait ceci, tu pourras bien faire cela". Le parent manipulateur n'aura pas besoin de fournir des arguments à l'enfant : il les trouvera lui-même, et ces arguments seront d'autant plus solides que ce seront les siens.
Il aura l'illusion de les avoir pensé "tout seul", sans avoir été influencé par quiconque.
De ce fait, quand des adultes tentent de lui démontrer qu'il est manipulé, il n'y croira pas. Pour lui, comme pour nous, la manipulation passe par un discours manipulateur. Or, le parent prétendu manipulateur n'en a pas dit plus que l'autre. Il ne lui a pas dit de penser ceci ou cela. L'enfant est persuadé qu'il a construit cette pensée par lui-même. Il vit ces allusions à une manipulation comme une injustice à l'égard de ce "bon" parent accusé à tort. De plus, il a le sentiment que nous l'estimons incapable de penser par lui-même.
Si l'issue de la manipulation ne fait guère de doute, il reste la question du bien fondé du "choix" de l'enfant. Encore que le terme de "choix" paraisse ici assez mal venu. Ce choix, qui n'en est pas un, a en général deux conséquences : la première est de faire vivre l'enfant dans une totale illusion, la seconde est de le couper à terme d'une partie de sa généalogie. L'illusion est, en effet, celle d'un amour qui serait fondé sur un total dévouement, une totale oblativité, alors qu'il remplit en fait les besoins narcissiques d'un adulte qui l'exploite. Il est aimé, certes, mais il n'est pas aimé en tant que sujet, il est aimé en tant que miroir de l'autre. Que peut-il attendre d'un tel amour pour l'aider à grandir et à enrichir sa vie par des relations avec d'autres êtres humains ? Ne risque-t-il pas d'être éternellement à la recherche d'une illusion dans ses relations ultérieures ?
Le parent narcissique va tout faire pour supprimer toute trace de l'autre lignée. Les contacts ne sont pas seulement coupés avec l'autre parent, mais avec toute sa famille, avec les grands-parents et les oncles et tantes de ce côté-là. Cette coupure est inéluctable puisque le but du parent narcissique est de faire de l'enfant une image idéale qui ne puisse être polluée par les traces d'une autre origine. L'enfant est plus une image qu'une réalité. Le mécanisme narcissique ne supporte pas l'introduction d'une différence qui serait signe d'étrangeté. Ce qui est étranger est "étrange", c'est-à-dire dangereux. Ce pur enfant, lavé de toute "souillure", est sans doute très comblant pour le parent, mais il n'est pas certain que la référence à une lignée unique soit suffisante pour l'enfant devenu adulte ».
Il a été constaté que l’emprise exercée par un parent augmente lorsque l’ex-conjoint entretient une relation amoureuse continue, relation qui sera considérée comme un nouveau motif de conflit. La recomposition familiale peut permettre à l'enfant de se dégager de sa relation au parent « gardien .»Le beau-parent est, en effet, une personne susceptible de remplir certaines fonctions, il offre aux enfants un nouveau modèle identificatoire. C’est une éventualité inacceptable pour le parent « instructeur » y compris lorsque lui-même a refait sa vie.
Un autre point doit être abordé ici, celui de la fratrie otage d’un parent dans le conflit. La fratrie, dans ce contexte, possède une particularité, et celles que nous connaissons fonctionnent suivant un schéma précis :
l’aîné(e) devient le(la) représentant(e) du parent manipulateur, à plus forte raison s’il(elle) est de sexe opposé au sien. Il (elle)est celui(celle) qui sera chargé(e) des « ajustements » à effectuer sur les plus jeunes et de leur maintien dans le processus.
4. Quelles sont les conséquences de l’emprise d’un parent sur l’enfant dans le but d’obtenir le rejet de l’autre ?
Une fois que l’enfant a pris parti, il n’est cependant pas tiré d’affaire. Le « perdant » ne se laisse pas faire, et on le comprend. D’autres éléments de défense doivent alors se
mettre en place. Ils sont tout naturellement de nature paranoïaque : lorsque l’on s’imagine dans une forteresse assiégée, on ne pense qu’à « l’ennemi » et on lui attribue toutes les ruses.
Bien entendu, ce genre de fantasmatisation quand elle dure un peu longtemps n’est pas sans risque et peut provoquer à la longue le développement de véritables pathologies persécutives.
D’autres conséquences ont été cernées chez l’enfant telles que la confusion systématique de la perception de soi et d’autrui, ou encore l’aliénation de soi. L’enfant a en effet appris à se méfier de ses propres sentiments et de ses perceptions. Il perd le sentiment de la réalité et ses propres limites. Son identité est profondément ébranlée, elle devient indécise et fragile. La conséquence en est une estimation négative de soi, un manque de conscience de soi et une profonde insécurité .
Les psychiatres et psychologues confrontés à ces enfants constatent leur incapacité à développer clairement leur individualité et leur autonomie, comme s’ils étaient devenus indissociables du parent vénéré, ce qui génère chez eux de profondes difficultés, des angoisses, voire des troubles de la personnalité quasiment insolubles.
Donald WOODS WINNICOTT a mis en lumière ce qu’il a nommé le faux-self qui s’origine d’un amour parental conditionnel où la soumission du sujet lui autorise le privilège d’être apprécié et aimé. Cette absence de gratuité engendre la complaisance, l’assujettissement et donne une qualité contractuelle aux liens avec l’objet. Il devient impératif pour le sujet de "faire pour être" non seulement afin d’assurer la sauvegarde de ses liens avec l’objet, mais également afin de maintenir l’équilibre de son narcissisme. Le faux-self fonctionne comme protection contre l'angoisse et les agressions mais est aussi révélateur d'un déséquilibre profond. Le vrai "self" représente par opposition la part vivante, spontanée, inventive de l'individu.
Les enfants placés dans la problématique de l’emprise d’un parent deviennent tour à tour des enfants-enjeux, des enfants- otages, des enfants-béquilles et des enfants-miroirs (plus image que réalité) du parent qui les investit. « Les expériences liées au divorce (ou plutôt au conflit) ont des répercussions différentes sur les enfants de classe d’âge différentes, la perte des relations familiales étant non seulement la conséquence la plus grave du divorce, mais aussi à court et à long terme, la cause la plus fréquente des troubles du développement et de la personnalité des enfants »
Les parents qui construisent pour l’enfant ces supplices « exquis » sont également persuadés du bien-fondé de leur démarche, ce qui leur donne une extraordinaire force de conviction. La victime est la première à approuver le supplice et face à cela il faut reconnaître que nous sommes, en tant que professionnels, bien démunis. Nous ne luttons pas « à armes égales.» Pour l’enfant, il y a d’un côté un parent pour lequel il est « tout » et de l’autre une sorte de « co-géniteur » qui l’a trahi. D’un côté, il est prince d’un royaume à un seul sujet (mais quel sujet !), de l’autre il est « un parmi d’autres » dans une société qui lui rappelle l’imperfection de la condition humaine. Il préfèrera naturellement la prison dorée du bourreau amoureux aux entraves d’une liberté exigeante. Il confondra dans la même opprobre le parent de l’autre bord et les professionnels qui soutiennent l’idée d’un équilibre entre les deux lignées parentales. C’est à partir de là qu’il faudra travailler, à partir de cette connaissance du paradoxe de la victime enthousiaste de sa propre victimisation ».
Les spécialistes de la santé mentale, toutes nationalités confondues, s’accordent à dire que l’impact négatif sur le développement des enfants sont de l’ordre de :
• risque accru de maladies psychiques ou psychosomatiques,
• problèmes relationnels et de vie de couple ultérieure (liés à la conception du rôle, du concept d’identité et du concept du contact affectif et du comportement relationnel)
• des conduites « à risques », c’est-à-dire toxicomanie ou propension à avoir des accidents de toute nature nettement plus élevée que dans la population générale,
• des tendances anti-sociales pouvant aller jusqu’à la délinquance (le cadre de la loi n’est pas intégré par l’enfant) et à la criminalité,
• un risque accru de suicide.
Les chiffres indiquent que près de la moitié des enfants ne voient plus au bout de deux ans le parent avec lequel ils ne vivent pas. Il faut ajouter à ces statistiques, celle des enlèvements d’enfants vers l’étranger qui amène dans la grande majorité des cas la rupture totale du lien avec le parent dont ils sont privés, et tenir compte du fait que ce phénomène est en constante évolution. Ce constat alarmant est également celui de spécialistes de pays européens, tel l’Allemagne. Ces résultats sont incroyables, ils représentent pour les familles concernés un potentiel énorme d’affliction – pour les deux partenaires, pour celui qui quitte tout autant que pour celui qui est délaissé, sans parler des enfants concernés. Il me semble qu’une poudrière
dangereuse est en train de se constituer mettant en danger le développement de l’individu et de la société dans son ensemble .
Je ne cherche pas à grossir le trait, de ce que j'ai vu d'elle, de ce que j'ai vécu, elle est exactement comme ça ! (j'ai surligné ce que j'ai réellement observé)
Lisez plutot :
a. Le conflit de possessivité
C’est un conflit basé sur l’intolérance à la perte de l’autre. Le possessif est celui dont la « folie amoureuse » est en fait une forme d’avarice : l’autre est un bien, une chose, qui n’est donc pas perçue comme ayant un désir propre. Souvent la relation conjugale s’établie sur ce modèle : avec ou sans expression de la jalousie, mais le conjoint la supportait pour différentes raisons (besoin personnel de surprotection, peur de la jalousie, possessivité réciproque).
Par exemple la séparation provient de l’angoisse -inconsciente - d’un rapprochement incestueux. Mais la rupture est aussi un moyen de mieux « rester » par le retournement opéré en termes de persécution/contrôle du conjoint et des enfants.
Symptômes
Le discours du parent possessif est rempli d’exigences et de dénigrement : l’autre est mis en accusation d’incapacité parentale, et même d’incapacité amoureuse : il (elle) n’est
parti(e) que sur influence des autres, sans se soucier des enfants. La jalousie s’exprime davantage après qu’avant la séparation : les commentaires sur le ou les nouveaux partenaires de l’ex-conjoint sont abondants et critiques. Aussi bien le désir d’autonomie de l’autre parent que de l’enfant ne sont pas pris en compte : volonté de contrôler minutieusement les faits et gestes de l’autre parent et des enfants.
Traits de personnalité
Le trait le plus frappant est l’intolérance.
Le sujet conteste aussi bien le droit moral des autres (de n’être pas d’accord avec lui) que le droit, tel que dit par la justice, et ne sort pas d’un raisonnement très automatique. L’agressivité manifeste se caractérise par une tendance à la destruction (des biens mobiliers, comme des personnes, en employant la violence physique ou morale). Le sujet refuse d’accepter de facto la séparation, persuadé que l’ex-conjoint, les enfants ne peuvent être qu’avec lui.
Dynamique du conflit
Celle-ci repose sur les exigences de contrôler la vie de l’autre : contestation de la présence d’un nouveau conjoint auprès de l’enfant, du changement de conjoint, de travail, de lieu de vie etc. Contrôle et contestation de la santé, de l’alimentation, des choix scolaires, des loisirs de l’enfant. Contrôle du déroulement des droits d’hébergement, comme dans un exemple où la mère téléphonait trois fois par dimanche pour s’enquérir auprès de l’enfant de ce qu’il faisait, mangeait etc. L’enfant est toujours perçu comme « petit », non autonome de l’autre parent, ne grandissant pas, et avec des besoins invariants, surtout en cas d’opposition de l’enfant (à aller en droit de visite notamment).
L’enfant dans ce type de conflit est tellement contrôlé qu’il va créer des incidents en refusant d’aller chez l’autre, pour ne pas faire l’objet de ce contrôle, renforçant encore la dynamique possessive, qui peut finalement devenir assez dangereuse (enlèvement de l’enfant) ou non gérable (éloignement géographique de l’un ou de l’autre).
b. Conflit narcissique
Le thème inconscient en est, en résumé, soit « je suis le meilleur, il ou elle ne peut donc pas en aimer un autre » soit un mode enfantin égocentrique « hors de moi n’existe rien ni personne .»Dans cette catégorie, on trouve beaucoup de personnages dominateurs soit par infantilisme (immaturité), soit par revendication (sur-valorisation de soi). Par exemple, le
narcissique pense que l’autre regrette d’être parti, et il va plus particulièrement entrer en conflit à partir de la présence d’un nouveau conjoint chez l’autre.
Souvent, il sera imputé à l’autre un désintéressement vis-à-vis de l’enfant, ou de ne s’en inquiéter que « pour me poursuivre moi» . Ces personnes fonctionnent presque toujours au chantage affectif vis-à-vis de l’enfant, en lui signifiant : « si tu m’aimes, tu ne peux pas aimer l’autre. » Profondément ils refusent la séparation - blessure narcissique insupportable - même s’ils disent le contraire, et ont d’autres partenaires. L’amour exclusif de l’enfant qui est revendiqué et proclamé vient réparer, très insuffisamment, cette blessure.
Symptômes
Le chantage affectif est permanent et sert de mode relationnel avec l’autre : menaces qui vont du suicide (avec ou sans l’enfant) à l’enlèvement de l’enfant, mais aussi sur les relations familiales, sociales, le travail, etc. Alors que dans le type possessif il y a une tentative de contrôle permanent, dans le type narcissique la revendication est l’exclusivité : celle-ci réclame un amour inconditionnel, et tout évènement ou parole alimente la croyance que l’enfant n’aime que ce parent-là, et que toute relation de l’autre ex-conjoint est vouée à l’échec. L’égocentrisme se traduit par l’incapacité de se décentrer, d’accepter le point de vue de l’autre. Le point de vue dialectique sur le monde, l’acceptation de la parole de l’autre, des besoins affectifs de l’autre sont trop dangereux, et fragilisent tellement le sujet qu’il s’en défend par une prédominance de ce fonctionnement, dont l’une des pierres de touche est le refus d’anticiper sur le devenir de l’enfant à qui l’autre parent est littéralement confisqué.
Traits de personnalité
Ce sont souvent des « adolescents interminables » qui mènent ce type de conflit, fragilisés donc par la non-résolution des problèmes de l’adolescence, et portant en eux une faille narcissique, une peur de l’abandon. Ils sont très ambivalents, exprimant à la fois leur besoin d’être rassurés/protégés par l’autre qu’ils ont quitté ou qui les a quittés, mais aussi contradictoirement, leur désir d’éloignement.
Dynamique du conflit
Comme le sujet qui mène ce type de conflit affirme être aimé exclusivement par l’enfant, il ne peut le laisser à l’autre. Il y aura donc des scènes très spectaculaires de refus de droit de visite, et une systématisation de l’opposition à une séparation même de quelques heures avec l’enfant petit (moins de 3 ans). L’étayage du parent sur l’enfant se manifeste autant par l’affirmation d’être le meilleur parent, ce qui est parfois montré en s’occupant plutôt bien des enfants d’un nouveau conjoint, que par la démonstration que l’enfant n’est pas bien loin de soi : il ne travaille pas à l’école, est malade, etc.
c. Lutte contre la dépression
C’est un conflit paradoxal où l’un des adultes réagit sur un mode combatif : il réclame toutes sortes de choses en contentieux par exemple. En fait, il lutte contre un envahissement dépressif : le départ du conjoint est vécu comme un abandon et il a donc besoin de la lutte pour se réparer. Il s’agit de se prouver à lui-même qu’il a encore une valeur propre.
Symptômes
L’adulte présente des signes dépressifs : anxiété, réduction des centres d’intérêt, problèmes relationnels et professionnels. Il les nie ou les voit chez l’enfant : position diamétralement opposée, dans l’explicite, à celle du possessif qui n’a pas de doute sur sa supériorité, le dépressif se dévalorise, se sent en état d’incapacité, ce qui ne l’empêche pas devant la justice de revendiquer avec acharnement. Il renonce souvent pour un temps à la sexualité : « je ne me remarierai pas, pour me consacrer à mon enfant », phrase souvent entendue, parfois prononcées par des jeunes gens de 25 ans, ayant un enfant de 2 à 5 ans ... Un bon repère symptomatique de ce modèle, est la conflictualisation des relations avec l’entourage (famille proche, ascendants en particulier) et des alliances croisées avec la belle-famille : moyen de ne pas tout à fait se démarier avec l’autre.
Traits de personnalité
Il y a beaucoup de variantes de personnalité dans ce type, car il s’agit de personnes ayant névrotisé leur relation de couple, puis la déplaçant sur l’enfant, ou sur le nouveau conjoint de l’autre, qui « vole » l’enfant, disent-ils souvent, moins par possessivité que par peur que l’enfant aussi se mette à en « aimer un(e) autre .»Le vécu d’abandon est ancien, bien antérieur à la séparation, et parfois étayé sur des évènements réels (conjoint volage, travail en déplacement) ou sur de réelles manifestations dépressives. Le sujet a une perte d’estime de soi, qui est parfois compensée par sa réussite à partir de la séparation dans l’affrontement en contentieux : garder l’appartement, les enfants, l’estime de son beau-père ...
Globalement, il quête devant les autres et la justice une preuve qu’il est un bon parent, et se centre uniquement sur cette tâche, qui met de côté les autres manifestations de troubles de l’allure névrotique (phobies, angoisse, troubles du sommeil), tous attribués à la séparation, ou au conjoint. Le sujet est souvent persuadé qu’il « va mieux » puisque c’est le conjoint qui le rendait dépressif alors que le contentieux et la clinique indiquent que manifestement il n’en est rien.
Dynamique du conflit
L’intolérance à l’absence du ou des enfants est au premier plan, mais c’est l’enfant qui refuse de s’éloigner, l’adulte prétendant comprendre la nécessité qu’il a de voir l’autre parent. Certes, l’autre est dénigré parce qu’il vit forcément avec quelqu’un de moralité douteuse, ou qu’il a été adultère, buveur, etc., mais dans la forme du discours le « devoir de voir son père (sa mère) » est bien présent ... et irréalisable. Le sujet exprime son incapacité à se faire obéir pour que l’enfant aille en droit de visite. Un petit test est très révélateur à la fois du moralisme à l’oeuvre, dans ces conflits, et de la dynamique d’incapacité. Le parent explique longuement qu’il ne peut quand même faire partir « de force » l’enfant, puisque l’enfant ne veut pas, etc. Il est alors utile de demander ce qui se passerait si l’enfant refusait de la même façon d’aller chez sa nourrice (grand-mère qui le garde éventuellement) ou à l’école (s’il est scolarisé). Réponse (dont je certifie qu’elle est donnée dans ce cas à chaque fois) : « L’école ce n’est pas la même chose », suivie de considération sur le fait que c’est en général plus facile et plus important que d’aller voir papa (ou maman). C’est à partir de cette différence que l’on peut faire surgir ce qu’il y a de déprimant pour le parent à être face au vide de la place laissée par l’enfant, renvoyant au non-deuil de la place vide laissée par le conjoint (souvent de longues années avant la séparation concrète).
d. Conflit générationnel
J’aurai pu employer le mot « tribal » parce que se référant à une tribu familiale, dans laquelle des grands-parents protègent leur fils ou leur fille resté enfant à leurs yeux : l’adulte-enfant accède à leurs désirs, et n’a aucun désir d’autonomie. Ces conflits sont faciles à repérer car les parents du parent interviennent directement dans le contentieux, et exercent de fait la fonction parentale de leur enfant. Le parent loue les qualités parentales de sa mère ou de son père, leur a souvent confié l’enfant antérieurement, avec l’accord du conjoint. C’est aussi une forme de conflit enfant-adulte, mais là l’enfant en question est l’adulte-parent insuffisamment mature, qui s’étaye sur ses propres parents - voire sur ses grands-parents - pour mener son combat : il entend que l’enfant reste « dans la famille .»Le parent est moins « identifié » à son enfant qu’au même niveau que lui.
On trouve aussi des formes de conflit où la revendication de possession de l’enfant a pour fonction de faire cadeau de l’enfant à la génération précédente.
Pour l’enfant, ce conflit est difficile car il y a un effacement de la différence des générations, une confusion parents/grands-parents, donc une annulation de la fonction parentale. Les enfants développent assez souvent des troubles psychiques, qui sont niés, car attribués uniquement à la mauvaise éducation donnée par l’autre parent, lequel ne se soumet pas à l’autorité de la génération d’avant.
Conclusion
Nous voyons qu’à travers ces quatre typologies des conflits, un parent considère que l’autre, ne faisant plus partie de sa vie, ne doit plus faire partie non plus de la vie de l’enfant. Il définit l’autre comme entièrement mauvais, sans aucune qualité et n’envisage pas le fait que l’enfant puisse en recevoir des bénéfices ou s’y étayer.
« L’ex partenaire reste le méchant, la méchante, coupable de toute la misère. Ces parents ne sont guère capables de voir leur propre responsabilité dans le conflit »
Fin des vacances de noel : il n'y a donc pas eu de trève.
A. a été très très dur avec son père, allant jusqu'à lui dire, lors d'une de ses crises de mauvaise humeur :
"de toute façon, vivement que j'ai 10 ans, je n'aurais plus besoin de venir te voir et tu pouras pas me forcer"
Je lui demande "mais pourquoi tu dis ça, comment tu sais ça ?"
Il me répond, hautain "c'est maman qui me l'a dit, et maman, elle ne ment JAMAIS, elle !"
SI c'est pas beau, ça ?
Et malgré ça, bien que M. ai droit à toute la semaine de noel en entier, bien que l'an dernier, elle ne lui ai laissé les enfants que 2 jours sur les 15, dans une tentative d'apaisement, il a proposé à V. d'avoir les enfants le 25 décembre dans la matinée, et de les reprendre en fin d'après midi.
Elle a refusé de venir chercher les enfants, prétextant une crise de gastro, M. a donc du aller lui ammener !
Mais sa crise ne l'a pas empéchée, après, de partir manger dans sa famille...
Elle devait lui rammener (il a insisté, elle ne voulait pas au début !) à 17h, finalement, ils sont revenus à 18h30... Dire qu'elle le critique quand il les rammène avec 15mn de retard...
Le pire, c'est que les enfants veulent que ça se passe bien, la preuve, A, de retour et répondant aux questions de mes enfants sur pourquoi je n'avais jamais vu V. "elle ne veut pas, elle est fachée"
Je lui répond "Mais tu sais, moi, ça ne me generai pas, si un jour elle n'est plus en colère, de la voir"
A., souriant, de l'espoir dans les yeux "oui, ce serait bien", puis se ravisant et baissant la tête "mais ça n'arrivera jamais, elle ne voudra jamais de la vie"
Et ce n'est pas la première fois que A. manifeste son désir que les tensions s'apaisent. cet été, déjà, au matin, il me raconte "j'ai rêvé que j'étais dans un magasin, il y avait toi, papa et maman"
Je lui répond, souriante "mais tu sais, moi ça ne me gênerai pas, hein"
Et lui "oui, je sais, mais maman, elle ne t'aime pas, elle ne veut jamais te voir"
C'est vrai, quoi, qu'est ce que c'est que ces enfants qui croient mieux savoir que leur mère ce qui est bon pour eux !
Voila, ce sont les vacances de noel.
Comme ma fille était malade, nous avons pu partir un jour plus tôt, afin d'arriver à Metz le vendredi soir au lieu du samedi matin. M. a donc appellé V. dans la journée pour lui dire qu'il aimerai voir les enfants le soir, mais que comme nous arrivions tard, son frère viendrait les chercher, pour qu'ils soient à la maison quand on arrive.
Evidemment, elle n'a pas été d'acoord, vous imaginez ? Emmenés de force par leur oncle, qu'elle déteste ? Au bout d'une longue discussion, M. a fini par dire qu'il appellerai les enfants dans l'après midi pour leur demander. A contre coeur, elle a accepté.
A. ne voulait pas du tout voir son père, mais J. a été d'accord, nous avons donc pu voir les enfants le soir.
"Nous" étant un bien grand mot, car ils ont été infects avec moi, remontés comme des horloges. Arrogants, grossiers, insolents, avec moi, mais aussi avec leur grand mère, et même leur père.
Les enfants sont à fleur de peau. tristes, écartelés entre leur deux parents... mais comme ils sont 90% du temps avec leur mère, devinez qui ils croient en priorité ?
Mots choisis :
"de toute façon, tu t'en fout de nous"
"tu tiens jamais tes promesses"
"tu ments, et maman dit toujours la vérité, c'est toi qui a tort"
"je suis sur que quand tu allais dormir chez ton copain, en fait, tu allais la voir"
(dans la bouche d'un enfant de 6 ans, vous imaginez le raisonnement ???!!! Soit il est très très mur pour son age, soit il entend sa mère parler. On a eu beau leur expliquer comment s'est faite notre rencontre, ils croient évidemment à la version de leur mère adorée, la vicime trahie, trompée, abandonnée seule avec deux enfants qu'il faut préserver à tout pris de leur salaud de père et de sa morue de copine)
Bref, les fêtes s'annoncent super, le moral de tout le monde est au beau fixe, youpi.
On verra après, mais j'ai peur que 5 jours soient courts pour remonter la pente...
